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Inscription: Dim 27 Avr 2008 16:03 Messages: 5776 Localisation: Auvergne
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 Indispensable la rééducation postnatale
Pas sexy la rééducation postnatale ? Pour autant, pas question de la zapper. Bouleversé par la grossesse et la naissance, votre corps en a besoin. Encore faut-il choisir le bon professionnel.
A quoi sert la rééducation ? A se sentir Ă nouveau bien dans son corps. La rééducation postnatale concerne Ă la fois le pĂ©rinĂ©e, la sangle abdominale et le dos. Le pĂ©rinĂ©e est un muscle (en rĂ©alitĂ©, il s’agit de trois couches musculaires) qui forme une sorte de hamac, tendu entre le pubis Ă l’avant, et le coccyx Ă l’arrière. On peut le comparer Ă un « plancher » qui soutiendrait la vessie, le Âvagin et le rectum. Pendant la grossesse, en raison de l’imprĂ©gnation hormonale, le pĂ©rinĂ©e se relâche. Objectif : faciÂliter la naissance. De plus, au moment de l’expulsion, sous la poussĂ©e du bĂ©bĂ©, il s’étire encore un peu. C’est pourquoi il faut absolument remuscler et remonter l’ensemble dans un mouvement inverse de ce qu’a fait le bĂ©bĂ© pour sortir !
BĂ©nĂ©fices ? RĂ©cupĂ©rer de la tonicitĂ©. Un pĂ©rinĂ©e tonique protège en effet contre d’éventuelles fuites urinaires (fĂ©caÂles dans certains cas), accroĂ®t le plaisir sexuel et prĂ©vient le risque d’une descente d’organes. Mais ce n’est pas tout : la rééducation postnatale est Ă©galement utile pour retrouver un Ă©quilibre du bassin, une sangle abdominale correcte et un dos avec des muscles dignes de ce nom.
Est-elle vraiment indispensable ? C’est le professionnel consulté qui le dira lors du bilan réalisé à la première séance*. Il vous posera des questions : avez-vous des fuites urinaires ou fécales ? Ressentez-vous une sensation de gêne, de béance du vagin ? Avez-vous mal au dos ?… A l’examen clinique, le thérapeute vérifie l’état du bassin et du périnée, si les organes (vessie, vagin) sont descendus… En fonction de votre problème, un type de rééducation vous sera conseillé. Sachez aussi qu’une naissance par césarienne ne dispense pas d’une rééducation. La tête du bébé a en effet appuyé sur le périnée pendant neuf mois, ce qui suffit à provoquer son relâchement. Par ailleurs, à la fin de la grossesse, les muscles du ventre se sont également distendus. Les abdominaux se sont allongés d’une quinzaine de centimètres supplémentaires. C’est pourquoi il faut les aider à se retendre !
10 séances de rééducation sont prescrites et remboursées par la sécurité sociale à 100 %. Les séances supplémentaires éventuelles sont remboursées à 60 %.
Qui consulter ? Une sage-femme ou un kinĂ©sithĂ©rapeute spĂ©cialisĂ© en rééduÂcation uro-gynĂ©cologique. Il ou elle a suivi une formation. « Toutes les femmes devraient sortir de la maternitĂ© avec en poche une ordonnance et une liste de professionnels Ă contacter », souligne Sandrine Galliac Alanbari, kinĂ©sithĂ©rapeute spĂ©cialisĂ©e. HĂ©las, c’est loin d’être le cas. VoilĂ comment on se retrouve Ă frapper Ă la porte d’un thĂ©rapeute qui vous fait travailler les « mauvais » abdominaux ou vous laisse seule dans une pièce avec une sonde dans le vagin. RĂ©clamez une ordonnance. Sinon, votre gynĂ©cologue vous la dĂ©livrera lors de la visite postnatale (six Ă huit semaines après l’accouchement).
En quoi consiste le travail sur le pĂ©rinĂ©e ? Il existe trois techniques de rééducation. La première est ÂmanuÂelle : le thĂ©rapeute se sert de ses doigts, introduits dans le vagin, pour exercer une lĂ©gère pression sur le pĂ©rinĂ©e. En rĂ©ponse, la femme contracte son pĂ©rinĂ©e quelques secondes pour rĂ©sister. L’électrostimulation, elle, se fait au moyen d’une sonde vaginale (ou anale), reliĂ©e Ă un appareil qui stimule le muscle par un courant de basse frĂ©quence. Enfin, le biofeedback, qui nĂ©cessite aussi une sonde reliĂ©e Ă un appareil, mais sans stimulation Ă©lectrique (la femme contracte elle-mĂŞme son pĂ©rinĂ©e). L’intĂ©rĂŞt ? Visualiser l’efficacitĂ© de la contraction sur un Ă©cran ou par l’intermĂ©diaire de signaux lumineux.
Le thĂ©rapeute utilise une ou plusieurs de ces mĂ©thodes en fonction du travail qu’il ÂdĂ©sire faire accomplir Ă sa patiente. Cette rééducation, en cabinet (1 Ă 2 fois par semaine), se poursuit par un travail Ă la maison avec des exercices Ă pratiquer 10 minutes par jour, seule ou avec des aides : boules de geisha, cĂ´nes… InsĂ©ÂrĂ©s dans le vagin, ils permettent d’apprendre Ă verrouiller le pĂ©rinĂ©e, c’est-Ă -dire le contracter lors d’un effort.
Et mon dos et mes abdos, alors ? Dès le dĂ©but de la rééducation pĂ©rinĂ©ale, on peut en parallèle entreprendre la rééducation abdominale et posturale. Son objectif : renforcer les abdominaux et les muscles dorsaux avec des exercices. Mais il y a abdos et abdos ! D’oĂą l’importance de choisir un thĂ©rapeute spĂ©cialisĂ© (lire Toutes les adresses des pros, page suivante). Surtout, n’acceptez plus de faire ces exercices que sont les pĂ©dalages, les ciseaux et les relevĂ©s de buste. Ils sollicitent les muscles du ventre appelĂ©s grands droits. Ceux-ci exercent une pression abdominale qui appuie sur le pĂ©riÂnĂ©e, dĂ©jĂ fragile, en le poussant vers le bas. Tout ce qu’il faut Ă©viter ! En revanche, d’autres mouvements sollicitent le muscle transverse (situĂ© dans la longueur du ventre) directeÂment reliĂ© au pĂ©rinĂ©e. Quand on contracte le premier, le second, par rĂ©flexe, en fait autant. Que du bon ! Avec, Ă la clĂ©, une sangle abdominale bien resserrĂ©e et un ventre plat.
Quand commencer ? On a coutume de dire « pas avant six à huit semaines après l’accouchement ou la fin de l’allaitement », tant que votre organisme est imprégné d’hormones et que les tissus ne sont pas cicatrisés. C’est faux lorsque vous vous adressez à un spécialiste. « Une rééducation qui respecte la physiologie, avec un thérapeute effectuant les bons gestes sans forcer et en progressant au fil des séances, peut être débutée trois semaines après l’accouchement », explique Sandrine Galliac Alanbari. Ces thérapeutes spécialisés conseillent même aux nouvelles mamans des exercices tout doux dès le lendemain de la naissance…
Ne foncez pas tête baissée sur... La sonde de rééducation à domicile* Validée par la Caisse primaire de l’assurance maladie, « son efficacité n’est pas prouvée, s’insurge Sandrine Galliac Alanbari, avec certains groupements de kinésithérapeutes. Nous avons d’ailleurs mené des études scientifiques et attendons les résultats ». Ces kinés sont d’autant plus choqués que des gynécologues recommandent cette sonde aux femmes pour éviter les visites chez eux. « C’est aberrant ! A la rigueur, ce type de sonde pourrait être une aide à domicile. Mais en aucun cas elle ne remplace un vrai travail avec un thérapeute au cabinet. »
Le « stop pipi » Longtemps, on a conseillé aux femmes d’interrompre le jet urinaire plusieurs fois de suite, pour muscler le périnée. Cette méthode favorise les infections urinaires. L’exercice ne doit être envisagé que comme un « test » pour juger de la capacité du périnée à bien se contracter et de ses progrès.
* Codepharma, 354 €. Pris en charge par la Sécurité sociale.
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