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athezza
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Inscription: Dim 27 Avr 2008 19:31 Messages: 3605 Localisation: cantal
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 L'engorgement
Engorgement
L’engorgement pathologique est très douloureux et souvent fébrile
Le tableau typique associe : - des seins très tendus, durs, plus ou moins rouges ; - des douleurs mammaires intenses ; - une fièvre à 38°. L’engorgement pathologique doit être distingué de la congestion mammaire qui survient lors de la montée laiteuse vers le 3è jour de l’allaitement (même s’il est appelé “ engorgement ” par certains auteurs).
Physiopathologie de l’engorgement Les mécanismes en jeu sont : - une stase alvéolaire du lait liée à une production lactée supérieure à la consommation ; - une congestion des vaisseaux sanguins ; - une insuffisance de la circulation lymphatique. Il se forme un œdème interstitiel, donc une hyperpression dans la glande, qui va bloquer la circulation sanguine et lymphatique, ainsi que l’écoulement du lait dans les canaux : c’est le véritable engorgement.
Il en résulte des phénomènes inflammatoires locaux et généraux.
De plus, le réflexe d’éjection du lait est très diminué : - la douleur ressentie par la mère inhibe la sécrétion d’ocytocine par l’hypophyse ; - l’effet de l’ocytocine sur les cellules myo-épithéliales distendues est très faible.
Le risque d’engorgement est plus élevé dans le 1er mois
Dans le 1er mois, la congestion vasculaire d’origine hormonale et l’augmentation de production lactée peuvent conduire à l’engorgement si les tétées ne sont pas suffisamment fréquentes et efficaces. Passé ce délai, l’engorgement est beaucoup plus rare, car il n’y a plus les importantes variations hormonales du début.
Les facteurs de risque sont :
- l’espacement des tétées, par exemple en raison d’une nuit prolongée du bébé ou d’une séparation de l’enfant et de sa mère, si celle-ci ne pense pas à exprimer un peu de lait de ses seins ; - l’arrêt brutal de l’allaitement ; - le stress de la mère, qui fait obstacle au déclenchement du réflexe ocytocique et peut être source à lui seul d’un engorgement permanent “ a minima ”.
La prévention repose sur des tétées fréquentes et le massage aréolaire
Les tétées doivent être fréquentes et efficaces, dès la naissance.
La mère aura recours au massage aréolaire ou au tire-lait dès qu’elle sentira ses aréoles et/ou ses seins un peu tendus et que le bébé ne peut ou ne veut pas téter.
Tout ce qui lui permet d’être plus détendue participe aussi à la prévention de l’engorgement.
Le traitement doit agir sur les différents éléments physiopathologiques
Ses objectifs vont donc être de : - calmer la douleur ; - résorber l’œdème ; - lutter contre les phénomènes inflammatoires ; - lever l’inhibition ocytocique et relancer le réflexe d’éjection. Le seul traitement efficace : arriver à faire couler le lait C'est le bébé qui y parvient le mieux, il faut le mettre au sein dès qu'il est éveillé, aussi souvent que possible. L’expression manuelle ou le tire-lait sont utiles si le bébé n’est pas prêt à téter ou s’il n’a pas tété suffisamment.
Les mesures utiles pour améliorer la réussite du traitement : - la prise d’anti-inflammatoires généraux (ibuprofen, diclofénac ou kétoprofène) : ils passent peu dans le lait et sont efficaces sur l’inflammation et la douleur ; les donner de préférence après les tétées ; - tout ce qui peut détendre la mère et la rassurer pour rétablir le réflexe ocytocique: douche tiède, relaxation, yoga…. - si la douleur est importante rajouter un antalgique (paracétamol ) avant la tétée ; - le massage aréolaire très doux pour assouplir les aréoles et calmer leur extrème sensibilité avant de déclencher le flux d’éjection ; - en cas d'engorgement majeur, l’administration d'ocytocine par voie intramusculaire ou sublinguale est parfois recommandée, juste avant une tétée ou une extraction du lait par tire lait ou massage. Ce traitement n'a pas fait l'objet d’une évaluation précise. Le saviez-vous ? L’application d’un gant froid ou d’une poche de glace pilée sur les seins diminue aussi l'œdème et la congestion vasculaire ! Elle peut être conseillée entre les tétées en cas de phénomènes inflammatoires importants, à condition d’être bien supportée. Les autres traitements anti-inflammatoires locaux n’ont pas été rigoureusement évalués.
Mise en garde En cas d’engorgement, il faut bannir : - la restriction hydrique ; - la prise de diurétiques ; - le bandage serré des seins. Ces mesures, faussement thérapeutiques, sont douloureuses, et parfois dangereuses !
Le traitement doit agir sur les différents éléments physiopathologiques
Pour assouplir l'aréole, il faut faire couler doucement le lait des sinus lactifères par une pression douce. Pour favoriser le drainage, on conseillera parfois des tétées en position : - “ sous le bras ” (ballon de rugby) ; - verticale: la mère penchée au-dessus de son bébé. L'idéal: faire couler le lait un peu, mais très souvent Dès que le lait coule, la douleur s'estompe. La mère alors cherche à obtenir juste un bon confort au niveau de ses seins sans aller jusqu'au bout du flux d'éjection.
Elle renouvelle ensuite cet écoulement plusieurs fois sur un temps court : trois ou quatre fois à une heure d'intervalle par exemple.
Il est inutile d'aller jusqu'à l'arrêt du flux, car cela risquerait d'augmenter la synthèse du lait, donc le risque congestif. Coquilles d’allaitement
Les coquilles ou cupules d’allaitement sont formées de 2 “ coques ” concaves
La coque interne, au contact du sein, est percée d’un orifice central, de diamètre variable. La coque externe, qui recouvre le sein, est percée de trous d’aération, plus ou moins nombreux ; elle comporte parfois un bec verseur permettant de récupérer le lait.
Le modèle sera choisi en fonction de l’indication.
Le dispositif est maintenu en place par le soutien-gorge.
Elles favorisent la cicatrisation d'une crevasse
Le lait qui s'écoule par la crevasse est riche en graisses et en facteurs de croissance épithéliale. Ces éléments agissent directement au niveau de la plaie pour accélérer la multiplication cellulaire et la cicatrisation.
Elles servent alors en cas : - d’écoulements spontanés du sein controlatéral pendant les tétées ; - d’écoulements spontanés gênants survenant en dehors des tétées.
Le lait récupéré pendant une tétée (sur le sein controlatéral) peut être conservé A chaque tétée, 30 à 50 centilitres de lait peuvent ainsi être récupérés ; le lait recueilli peut être congelé pour constituer des stocks personnels, ou bien donné au lactarium. Lorsque le lait est recueilli pour conservation, le nettoyage soigneux des coquilles à l'eau savonneuse juste avant la tétée s'impose. En revanche, le lait qui s'écoule dans les coquilles entre les tétées et qui reste au contact de la peau pendant plusieurs heures doit être jeté. Elles entretiennent l'écoulement du lait
L’appui de la coquille au contact du sein : - est accentué par les mouvements respiratoires ; - stimule les récepteurs de l’aréole ; - favorise l’éjection du lait.
Les indications sont : - la prévention d’une tension aréolaire ; - la congestion ou l’engorgement. Quatre “ petits trucs ” Pour éviter les fuites, la mère peut placer un coussinet absorbant à l'intérieur de la coquille.
En cas de congestion mammaire douloureuse, on peut utiliser des coupelles Ă base souple.
Attention à la position du bec verseur : s'il n'est pas dirigé vers le haut, le lait coule…
Mieux vaut éviter de se pencher en avant quand les coquilles sont pleines...
Attention ! Leur utilisation peut aussi comporter des écueils
Plus une mère porte de coquilles, plus l’écoulement est abondant : - dans certains cas, ce n’est pas gênant ; - dans d’autres, cela aggravera le problème, par exemple, en cas d’écoulements spontanés : on apprendra alors à la mère qu’elle peut bloquer l’écoulement en appuyant sur le mamelon et on lui conseillera plutôt l’utilisation de coussinets.
Lorsque les coquilles compriment les seins dans un soutien-gorge trop serré, elles sont source de congestion ou d'engorgements localisés. Une coquille ne doit donc jamais comprimer le sein.
Candidose du mamelon et des canaux lactifères
La douleur est caractéristique, à type de brûlures qui persistent après la tétée
L’infection se déclare rarement dans les premiers jours de l’allaitement, mais plutôt après un intervalle libre d'une à plusieurs semaines. Il faut savoir l’évoquer devant l’apparition de douleurs: - intenses, à type de brûlures ; - persistant tout au long de la tétée ; - présentes aussi entre les tétées ; - aggravées par le chaud ; - légèrement calmées par le froid.
La candidose du mamelon est favorisée par la prise d’une antibiothérapie par la mère ou la présence d’un muguet ou d’une candidose fessière chez l’enfant
Les mamelons et les aréoles portent une large plaque : - d’un rouge framboisé ; - d' aspect vernissé ; - à bord irrégulier.
Le traitement est l’application locale d’un antifongique dont l’ingestion est autorisée chez le bébé
En pratique :
1- la mère applique sur ses mamelons, 3 fois par jour, après la tétée, - soit un antifongique tel que Mycostatine®, Fungizone® ou Daktarin® gel buccal ; - soit du violet de gentiane à 0,5 ou 1%. Le traitement dure 10 jours.
2- le même traitement est appliqué de façon concomitante dans la bouche du bébé.
3- une stérilisation de tous les accessoires en contact avec le lait et la bouche du bébé (sucettes, coquilles, protège-mamelon...) est effectuée.
Des brûlures irradiant en profondeur doivent faire suspecter une candidose des canaux lactifères
C'est une infection particulièrement douloureuse, tenace et difficile à traiter. Elle peut être secondaire à une lésion des mamelons ou apparaître sur un terrain apparemment indemne. C'est une complication fréquente des antibiothérapies par voie orale. Il convient donc d'être très précis dans les indications de tels traitements au cours d'un allaitement.
L’atteinte des canaux lactifères justifie un traitement oral par un antifongique diffusant bien dans le lait
Actuellement, l’antifongique conseillé est le fluconazole (Triflucan®) : - une dose de charge de 200 mg le premier soir ; - puis 100 mg, 2 fois par jour. Le traitement dure 2 semaines ou plus. L'allaitement n'est pas interrompu.
Les effets secondaires pour la mère (plus rarement pour le bébé) peuvent être des vomissements, une diarrhée, des douleurs abdominales et des rash cutanés.
En cas d’antécédent de mycose chez la mère, un traitement de fond peut être institué pour éviter une récidive.
Le saviez-vous ? Bien que le dictionnaire Vidal mentionne la contre-indication du fluconazole en cas d’allaitement, les experts internationaux s’accordent pour recommander cet antifongique dans le traitement de la candidose des canaux galactophores. Dans cette situation, le bébé allaité reçoit des doses de fluconazole inférieures à 5 % de la posologie habituellement utilisée en pédiatrie. Il est par ailleurs utilisé régulièrement en réanimation néonatale à des doses bien supérieures. NE PAS OUBLIER LES MASTITES ET LES ABCES TOUT DE MEME PEUX FREQUENTS DONC JE NE VAIS PAS EN PARLER PLUS LONGTEMPS.
Trois notions utiles L’épiderme de l’aréole et du mamelon ne s’épaissit pas au fil des tétées. C’est le derme qui se renforce, grâce à une synthèse accrue de fibres conjonctives et élastiques. La peau devient ainsi moins sensible aux agressions traumatiques.
Les tétées longues ne présentent aucun risque pour le mamelon.
Une peau sèche est plus vulnérable aux frottements et aux déchirures : rien ne vaut un peu de lait étalé sur le mamelon en fin de tétée pour maintenir son hydratation ! Ces douleurs localisées disparaissent rapidement en veillant à une position et une prise du sein adéquates
Il convient pour la mère : - de placer le bébé dans une position adaptée, toujours face à elle, pour une bonne succion ; - de varier la position du bébé d’une tétée à l’autre pour modifier les zones de frottement ; - d’amorcer manuellement l'éjection du lait en cas de douleur intense : lorsque le lait arrive tout de suite en jets, le bébé ouvre plus grand la bouche et exerce des pressions moins fortes.
Soins des seins et du corps
Les seins ne nécessitent aucun soin spécifique ni avant ni après les tétées
L’épiderme des aréoles est délicat comme celui des lèvres, mais naturellement protégé par : - une très bonne résistance à l'humidité, - les sécrétions des glandes sébacées et sudoripares aréolaires, aux propriétés antibactériennes et hydratantes ; - le lait lui-même.
Le lait maternel protège naturellement les seins Le lait maternel est : - un excellent antiseptique, par ses multiples éléments de défense contre les infections ; - un excellent cicatrisant, grâce au facteur de croissance épithéliale (EGF) qui stimule ses multiplications cellulaires et à sa richesse en lipides qui évitent la déshydratation.
Le saviez-vous ? L'étalement d'une goutte de lait après la tétée contribue à la bonne qualité du tissu.
Une douche quotidienne suffit
La femme qui allaite peut continuer sa toilette comme à l'accoutumée : une douche quotidienne est amplement suffisante. Aucun produit antiseptique ou savon spécial n’est nécessaire. Attention, toutefois, aux produits contenant un parfum (savon, gel douche, déodorant, eau de toilette) qui masquent l'odeur naturelle des seins.
Il est inutile : - d’effectuer des nettoyages à l’eau stérile ; - d’utiliser des produits détergents ou désinfectants, qui risquent de fragiliser l'épiderme ; - de laver les seins après chaque changement de coussinets absorbants ; - d’appliquer une pommade ou une crème, qui risque de masquer l’odeur naturelle de l’aréole guidant le bébé et de favoriser une macération.
Plusieurs facteurs peuvent concourir à une fragilité excessive de la peau
Ces facteurs sont : - la sécheresse de l'air ; - les changements brutaux de température ; - les irritations par frottement ; - une mauvaise technique de succion.
La peau peut alors devenir hypersensible, se fissurer, et résister moins bien aux efforts mécaniques de la succion.
En cas de sécheresse cutanée, le produit appliqué sur les seins doit être inoffensif et ne pas masquer les repères olfactifs du bébé, donc l’odeur naturelle du sein
Le bon produit est : - rigoureusement non toxique et non allergisant ; - comestible pour que la mère n'ait pas à le nettoyer avant les tétées ; - peu épais pour éviter la macération ; - faiblement odorant pour ne pas modifier les repères sensoriels du bébé.
Les produits à utiliser de préférence:
- la lanoline très purifiée( Lansinoh®, Purelan®) ; - certaines huiles végétales pures non allergisantes (olive, abricot, palme,..)..
Eviter formellement: - les graisses d'origine animale (crème, saindoux, huiles de poissons,..) ; - les crèmes à base de vaseline (graisses du pétrole non comestibles) ; - les huiles végétales allergisantes (huiles d'amande, d'arachide et de tournesol).
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